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  • Stratégie : les réserves

    Lorsque l’on s’intéresse à l’histoire militaire, il est un concept qui resurgit souvent, celui de réserves.

    Que ce soit pour assurer la défense d’une ligne de front ou préparer l’exploitation d’une percée, que ce soit décidé dans une salle d’état major à des milliers de kilomètres ou par un sous officier sur le terrain, le principe de garder une partie de ses forces loin du contact pour garder une flexibilité de réaction semble aussi vieux que le grand art de la stratégie.

    Dans ce premier article dédié à la stratégie, je vous propose donc d’explorer ce concept dans le monde réel ainsi que son application dans nos jeux.

    1 – Le concept

    Le principe fondamental de la réserve est de garder une partie de ses forces hors de la zone de contact, les gardant fraiches et intactes

    Ces troupes pourront alors être envoyées rapidement là où le besoin s’en fera sentir.

    • Combler une brèche dans vos lignes avant que l’adversaire ne l’exploite.
    • Profiter d’une brèche dans la ligne adverse pour attaquer ses arrières.
    • Garder une unité intacte pour remplacer une de première ligne ayant subit de l’attrition.
    • Faire basculer un affrontement équilibré en votre faveur.

    2- La réserve Opérative Défensive

    À l’échelle d’un théâtre ou d’un groupe d’armées, la réserve défensive ne vise pas simplement à garnir une ligne, mais à absorber le choc initial pour frapper le flanc d’un ennemi étiré. Le cas d’école parfait reste la contre-offensive de Manstein à Kharkov (1943).

    Alors que l’Armée rouge s’engouffre dans les brèches du front allemand après Stalingrad, Manstein garde le 4e corps blindé en retrait. Il laisse délibérément les Soviétiques s’avancer jusqu’à la limite de leur ravitaillement, avant de lancer sa réserve sur leurs flancs vulnérables, colmatant le front et reprenant la ville.

    3- La réserve Opérative Offensive

    En offensive, la réserve opérative sert à l’exploitation : elle s’engouffre dans la percée créée par les troupes de rupture (Breach) pour transformer un succès local en effondrement stratégique. Mais son utilisation exige un timing parfait.

    Lors de la campagne de France en 1940, la 7e armée française (Giraud), qui constituait la principale réserve opérative alliée, a été engagée trop tôt vers Breda (Pays-Bas). Quand les Panzer-Divisionen de Guderian ont percé à Sedan, le commandement français n’avait plus aucune réserve sous la main à lancer contre le flanc de la colonne allemande, scellant le sort de la bataille.

    4- La réserve tactique

    À l’échelle du champ de bataille immédiat, la réserve tactique donne au commandant la capacité de peser sur le point d’effort final ou de parer à un imprévu local. Un exemple des plus célèbre est l’engagement de la Garde impériale à Waterloo (1815).

    Conservée par Napoléon tout au long de la journée pendant que la ligne britannique subissait un pilonnage incessant, la Moyenne et la Vieille Garde ont été jetées dans la balance au moment du crépuscule pour porter le coup de grâce. Son échec face aux lignes fermes de Wellington scella l’issue du combat.

    5- la réserve stratégique

    Au plus haut sommet de l’État-Major, la réserve stratégique répond à des enjeux géopolitiques ou à l’ouverture de nouveaux théâtres d’opérations. Un exemple marquant est la constitution du Strategic Air Command (SAC) américain ou le maintien des 101e et 82e divisions aéroportées à Reims en décembre 1944.

    Gardées en réserve du théâtre européen par Eisenhower, ces divisions ont pu être projetées en urgence à Bastogne et dans les Ardennes pour stopper la dernière grande offensive allemande.

    6- L’application dans les jeux exploitant le concept

    Certains jeux, notamment ceux à l’échelle opérative, font la part belle au concept de réserve.

    Notamment, l’excellente série des Operational Combat Series utilise cette mécanique.

    Une unité (ou une pile) peut être placée en mode de réserve, ne bougera pas (ou peu) pendant sa phase de mouvement, mais pourra :

    • Se déplacer après la phase de combat (principe d’exploitation ou de réserve offensive), pour profiter d’une brèche que ses alliés auraient ouverte.
    • Se déplacer pendant le tout adverse, entre ses mouvements et ses attaques, pour réagir à une offensive ennemie et ainsi limiter le coté « I go, You go » du jeu (réserve défensive, colmatage de brèche).

    Voir mon compte rendu de partie sur OCS : Luzon

    Notons que les jeux à activation alternée ont moins besoin de cette mécanique, car il est déjà possible de réagir à chaque coup de l’adversaire.

    La Bataillon Combat Series, malgré le fait qu’elle soit en activation alternée, utilise le concept de « fatigue » des formation. Le principe de réserve peut donc s’appliquer, si vous avez le luxe d’avoir quelques formations qui ne sont pas indispensables sur la ligne de front, gardez les en arrière, qu’elle restent fraîches et une fois l’ennemi fatigué, elles pourront porter l’estocade.

    Dans les wargames sur ordinateur, l’excellent « The Operational Art of War » permet de placer des troupes en réserve, elles pourront automatiquement rejoindre un combat proche pendant le tour ennemi.

    « Gary Grigsby’s War in the East » et « War in the West » simulent aussi très bien cette mécanique, des unités d’appui rattachées à un QG (batterie d’artillerie, escadrons de blindés, sapeurs …) peuvent être réclamées pendant un combat par l’unité au front pour les renforcer.

    Enfin, notons Unity Of Command 2, les QG disposent d’une réserve qu’ils peuvent attribuer à des unités du front pour renforcer une zone menacée.

    7- L’application simulée dans les jeux ne faisant pas appel au principe de réserves

    Dans la plupart des jeux à l’échelle tactique, et notamment dans le wargame avec figurine, la réserve est plutôt appliqué comme une pénalité, une partie de vos troupes n’est pas déployée dès le début de la partie mais arrivera au fur et à mesure, selon un planning ou aléatoirement.

    Par exemple, dans Flames of War V4 et Bolt Action, les renforts peuvent arriver au tour 2, 3 ou plus tard, ou alors en fonction d’un jet de dés.

    Cela pénalise un joueur (généralement le défenseur) qui doit ralentir son adversaire en priant pour une prompte arrivée de ses renforts. Cela impose un tempo à l’attaquant qui lutte contre la montre, il doit atteindre son objectif avant que le défenseur n’ai reçu ses troupes de réserve.

    Exemple: dans une partie de Flames of War à 100 points, l’attaquant commence avec ses 100 points sur la table, mais le défenseur n’a que 60% de ses forces pour lui faire face, le reste rentrera aléatoirement.

    La montre joue en faveur du défenseur, car si, au bout d’un certain nombre de tours, l’attaquant n’a pas pris les objectifs, le défenseur est vainqueur. L’attaquant doit donc profiter de son avantage numérique le plus vite possible, car une fois les deux forces à égalité sur le terrain il lui sera difficile d’atteindre son but tandis que défenseur n’aura qu’a rester enterré.

    Dans ASL, très souvent la fiche de scénario donne un calendrier d’entrée des renforts qui servent le même but, inciter celui qui à déjà ses forces sur le terrain à en profiter le plus vite possible, et éviter un simple échange de tirs.

    Notons aussi que dans le cadre de beaucoup de jeux de campagne d’ASL, lors de l’achat des troupes entre deux scenarii, il est possible d’acheter ses forces moins cher en les positionnant en réserve, ce qui simule que ces troupes seraient en fait disponible pour intervenir sur différent fronts.

    Mais peut on, même au sein de ces jeux, utiliser le concept de réserve à notre avantage ?

    8- Utiliser le concept à son avantage

    Comme vu plus haut, dans les jeux tactiques, la réserve est plutôt utilisée comme facteur limitant, une mécanique d’équilibrage, mais peut on l’utiliser à notre avantage ?

    Malgré ma préférence pour les jeux à activation alternée, je pense, comme vu au chapitre 6, que ce mode de jeu ne fait pas particulièrement la part belle à la réserve, chaque joueur ayant la possibilité de réagir à chaque coup de son adversaire.

    Exercice de pensée, la réserve offensive, Flames of War.

    Votre mission en tant qu’attaquant est de vous emparer avant le tour 6 de l’un des deux objectifs tenus par le défenseur.

    Vous disposez d’un soutien d’artillerie, d’une force d’infanterie, d’une unité de canons d’assaut types Stug et d’une unité blindée (Mix Panzer IV, V et VI).

    Le défenseur est obligé de partager ses troupes entre les deux objectifs, faute de quoi vous auriez un boulevard sur le second (et rappelons le, votre mission est de vous emparer d’UN des deux).

    A contrario, si vous rassemblez toutes vos forces en face d’un seul objectif, il pourra utiliser les forces défendant l’autre objectif pour vous prendre à revers.

    Il est donc possible de diviser aussi vos forces, votre infanterie et vos canons d’assaut attaquant les deux fronts ennemis. Vos blindés restant en arrière à mi chemin des deux fronts (en réserve) pour appuyer les attaques de leur feu.

    Dès que vous repérez une faiblesse (un des deux flancs dans lequel la chance vous a souri et plusieurs unités ennemies sont parties en déroute), vous activez votre unité de réserve blindée qui va s’engouffrer dans la brèche. Si en plus le défenseur a révélé ses unités cachées en embuscade (par exemple des canons antichars), vous avez la possibilité de les éviter.

    Exercice de pensée, la réserve défensive, ASL

    L’un de mes concepts favoris dans ASL, c’est le principe de temps et d’espace qui s’échangent. En tant que défenseur, vous ne vous positionnez pas pile sur l’objectif à défendre mais un peu en avant, vous forcez l’ennemi à vous engager, perdant ainsi du temps, puis une fois que la pression est trop forte, vous reculez sur une seconde ligne.

    Le risque est de voir votre première ligne se faire couper, par exemple par un véhicule en bypass, et de ne pas pouvoir se replier correctement. C’est à ce moment là qu’avoir gardé une portion de vos forces un peu en arrière peut vous permettre de réagir et de punir les arrogants attaquants ayant tenté d’encercler votre première ligne !

    Certains joueurs arrivent même à monter une contre attaque avec cette force de réserve, mais je n’ai pas assez confiance en moi pour ça ! 🙂

    Conclusion

    Le concept de réserve est utilisé dans le wargame, que ce soit comme système de jeu ou mécanique d’équilibrage.

    Il est contre intuitif de ne pas utiliser toutes ses forces dès que possible, car la plus souvent, une application rapide d’un effort maximal permet de remporter la victoire, et nos jeux ne prennent pas en compte l’image d’ensemble, seule compte la victoire sur la table à l’instant T.

    Les jeux de campagnes, bien que chronophages, incitent les joueurs à se montrer économe de leurs forces et à les désengager pour les sauver, peut être une idée d’article suivant, la retraite ?

    Cet article a été réalisé en m’aidant de l’IA pour certaines illustrations et les recherches.

  • Advanced Squad Leader WO15 Liberation Day

    Nouvelle partie d’ASL, cette fois ci par email, donc qui va s’étendre sur plusieurs mois.

    Le scénario est WO15 Liberation Day, contexte, nous sommes en Janvier 44 en Russie près d’Oredezh.

    Je joue les soviétiques, mon objectif est au choix de conquérir la majorité du village au Nord Est, ou alors l’intégralité de la gare ferroviaire au Sud Ouest.

    J’entre par le Nord avec 12 squads et un total de 4 blindés (2 Su76 au tour 1 et 2 T3485 au tour 4), et j’ai quelques partisans dans la forêt à l’Ouest.

    L’allemand commence sur carte avec 10 squads et attend 3 Panzer IV au tour deux par le sud avec 7 squads.

    A noter que la prise de la gare serait une victoire par mort subite (pas la peine de la tenir jusqu’à la fin du scenario), elle sera donc mon objectif.

    J’envisage de garder une partie de mes forces pour fixer les allemands dans le village, pendant que la majorité de mon effort se portera sur la gare, comme ceci :

    Tour 1

    Mes forces entrent sur la rive Ouest de la rivière, la poignée de squads allemands de ce côté m’inflige quelques pertes mais je les capture et avance pendant que les partisans à l’Ouest s’infiltrent via la forêt vers la gare. Mon adversaire déplace légèrement son dispositif mais ne se décide pas encore à quitter le village pour renforcer la gare.

    Tour 2 Soviet

    La percée a lieu, j’ai le champ libre jusqu’à la gare avec les forces du Nord, les partisans restent à l’orée du bois en attendant les troupes régulières pour un assaut de flanc. Mes deux SU76 se placent pour attendre les Panzers.

    Tour 2 Allemand

    Ses forces dans la gare engagent les partisans, et un duel commence. Je suis surpris, il envoie la majorité de ses forces de renfort vers le village, n’a t il pas encore compris quel objectif j’ai sélectionné ?

    Tour 3 Soviet

    Je continue ma poussée vers la gare, les partisans passent par la colline au nord, seul un squad avance sur la voie ferrée et survit, un autre est démoralisé et repart dans les bois.

    Tour 3 Allemand

    Il se positionne dans la forêt à l’Est de la gare, je ne comprend toujours pas son plan.

    Ses troupes dans la gare éliminent deux squads de partisans.

    Tour 3 Soviets

    Ma force principale, enfin arrivée sur la colline au nord de la gare lance l’assaut sur la garnison allemande, je repousse un squad et un leader et engage un autre squad en combat rapproché, j’arrive a infiltrer un squad dans le bâtiment le plus au sud du complexe ferroviaire.

    Le reste de mes troupes se place en position défensive pour l’empêcher de renforcer la gare.

    Tour 4 Allemand

    Je pense qu’il a compris le danger et envoie un Panzer IV renforcer la gare, et ses troupes prennent position dans les bois pour arroser mes forces, mais je pense que c’est trop tard.

    Je casse le canon d’un de mes SU76 sur un tir avec une chance minable de toucher, c’est ma spécialité !

    Tour 5 Soviets

    Je fonce avec un T34 pour appuyer l »attaque sur la gare, mais un de ses panzer le détruit. J’envoie un SU76 pour le remplacer, et je détruit son char dans la gare. Sans cet appui, ses dernières unités en déroute ne peuvent plus tenir et j’envahis le complexe, remportant ainsi la victoire !

    Merci à mon adversaire très fair play et au rythme de jeu régulier.

  • Rabelais Meet 2026

    C’est parti, le coffre est plein pour faire 3h45 de routes et aller jouer à ASL tout un week end !

    1ere partie ASL164 Torment at Tormua

    Je joue les Finlandais qui défendent un village contre les soviétiques de Thierry.

    Une horde de soviets (des ukrainiens) arrivent par le nord, ainsi qu’un petit détachement accompagné de trois T26 par la forêt à l’est. J’ai quelques troupes embusquées dans ladite frêt.

    Les troupes du nord se sont infiltrées par la forêt sur ma gauche, mais sur ma droite il se montre très prudent et laisse ses blindés en arrière tandis que son infanterie ratisse les bois à la recherche de mes troupes.

    J’abandonne à l’avant dernier tour, il a une avance considérable que je ne pourrais pas rattraper et à complétement tourné mon dispositif.

    Je garde le sourire quand même.

    La table d’a côté joue à « Chef su Pont »

    Deuxième partie, le samedi après midi, initiation de Julien sur le mini scenario Forest Brothers. Je joue des partisans lithuaniens qui doivent résister et tenir une colline boisée contre un assaut Soviétiques en toute fin de guerre.

    Les 6-2-8 soviétiques sont terrifiants, mais le terrain me permet de replier mes squads en déroute et de les rallier pour les renvoyer au front, il est difficile pour lui de percer et je me permet même une petite contre attaque sur la gauche. La partie se jouera cependant jusqu’au dernier tour.

    Julien est quasi prêt pour entamer sa carrière d’ASListe 🙂

    Dimanche, dernière partie du weekend contre Gerard, AP232 Wons Enough, j’ai les allemands et je dois nettoyer une route tenue par les Néerlandais en 1940 tout en subissant moins de pertes que lui. Je dispose d’une petite supériorité en infanterie ainsi que de cinq automitrailleuses.

    Son mortier de 80mm en tir indirect fait un carnage détruisant une automitrailleuse et maintenant mes troupes démoralisées. Je parviens à infiltrer une force sur mon aile droite et à lui mettre la pression mais mes pertes sont telles que je ne pourrais pas rattraper le retard.

    Dans une autre pièce, initiation au Full de Brice sur Under the Noel Trees, d’ailleurs question, pourquoi « Noel » et pas « Chrsitmas » ?

    La table d’a coté joue « Texas Flood », un gros scénario.

    La star du week end c’est le Cake Leader ! Merci à Agnès pour ce super gateau.

    Et le Cottage Pie, et le Goulash 🙂

    La fine équipe, Merci à Gerard et Agnès pour ce super Week End et vivement le prochain !